Nicène Kossentini en résidence à Alger du 22 mai au 26 Juin 2012.

Organisée par l’artiste Zineb Sedira  » /A.R.I.A/ « , est  une résidence réalisée grâce aux fonds octroyés par l’AFAC (Fonds Arabe pour la Culture) à laquelle l’artiste avait postulé e il y a un an.

La première artiste, Nicène Kosentini (Tunisienne), artiste vidéaste et photographe, sera en résidence à Alger du 22 mai au 26 Juin 2012.

L’artiste mettra à profit cette résidence pour mener un projet personnel,une rencontre avec les étudiants de l’ESBA dans le cadre du séminaire autour des « supports audio-visuels dans l’art contemporain » dispensé dans le cadre de leur cursus avec des rencontres « tutorielles » destinées deux ou trois étudiants autour de leur travail en cours.

Dans ses photos et ses vidéos, Nicène Kossentini capte image par image la lente mutation des êtres et des choses et fait passer avec beaucoup de sensibilité, l’intimité des lieux et des événements à la dimension de l’universalité.

Chacune de ses œuvres est une invitation à entrer en symbiose avec un espace de vie à la fois incertain et proche. Jouant les contrastes en noir et blanc et les zones de semi-visibilité, l’artiste crée des atmosphères singulières au décor minimaliste. Ses vidéos captent les sites et les visages au bord de la disparition, hypnotisant pour ainsi dire le regard du spectateur comme dans l’attente d’un événement imminent. Le mouvement volontairement lent de la caméra restitue la dimension phénoménologique du temps pour mieux suggérer la sensation du lieu devenu étrangement énigmatique. Que ce soit dans de vielles photos de famille reprises et retravaillées, dans l’image fantasmatique d’un horizon marin en voie d’extinction ou dans le mouvement spiralé en quête de convergence, c’est le regard lui-même sur le monde et sur la nature des êtres qui est interrogé.

Dans ses dernières œuvres, l’artiste traque l’incertitude du regard contre l’accoutumance de la vision et des idées reçues en mettant hors-champs ce que pourrait être un sujet. Elle soulève le problème de l’insaisissable repère de l’identité. (Rachida Triki)

Biographie

Nicène Kossentini, née en 1976 à Sfax en Tunisie, est photographe et vidéaste. Elle vit et travaille à Tunis. Diplômée de l’Institut Supérieur des Beaux-Arts de Tunis et de l’Université Marc Bloch de Strasbourg, elle a suivi des stages et des formations au Studio National des Arts Contemporains Le Fresnoy et à l’Ecole de l’Image Les Gobelins en France. Soucieuse de son patrimoine et de son passé, Nicène Kossentini cherche à mettre au jour les liens perdus et les vérités enfouies de sa culture et de ses origines. Elle traite ainsi des appréhensions de la société tunisienne qui doit négocier avec une mémoire qui tend à se figer, se niveler et se perdre. Elle a participé à de nombreuses expositions solo et collectives en Tunisie, en Europe et en Afrique.

Projet Alger
Je porte un nom de famille qui veut dire littéralement « originaire de Constantine » la ville algérienne. Je n’ai hélas de lien tangible de cette origine très lointaine que le nom transmis de père en fils. Mais j’ai toujours cru qu’ils y aient d’autres liens invisibles qui m’attachent à l’Algérie. Par conséquent, le projet que j’envisage développer au cours de ma résidence à Alger en mai 2012 questionnerait les notions de l’identité, la généalogie et la transmission à travers des portraits photographiques de personnes anonymes que je rencontrerais à Alger et avec lesquels j’inventerais des liens imaginaires.

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