
fractal : du latin fractus » brisé « .
Objet mathématique servant à décrire les objets de la nature dont les formes découpées laissent apparaître à des échelles d’observation de plus en plus fines, des motifs similaires.
Qui n’a pas eu dans son enfance un kaléidoscope, tube cylindrique magique dont le fond est plein de fragments de verre coloré qui reproduisent une infinie combinaison de formes et de couleurs quand on le fait tourner.
L’exposition des photos de Akram Belaïd nous transporte dans ces émerveillements de l’enfance. Par la magie de la photographie, de l’imagination et du talent de l’artiste, le monde se décompose et se recompose différemment.

La Tour Eiffel se met en quatre pour étourdir monsieur Eiffel, son architecte, les soufis se rejoignent par les pieds, les innocentes mains des potiers inquiètent, le pont des Arts se dédouble et devient une avenue noire de monde, une banale flaque d’eau explose et prend des airs de méduse. Akram se joue de la réalité des choses et des êtres, il en devient le créateur, l’ordonnateur. Il intervient dans les espaces, les vides et les pleins, les relie entre eux et dessine un autre monde, invente un autre regard, inquiétant ou poétique mais jamais cauchemardesque.

Alors on y croit nous aussi et nous regardons le monde qui nous entoure d’un autre oeil, nous aussi on fait du fractal, le ciel bleu nous habille, le drapeau tunisien devient une forteresse imprenable qui nous protège, les coquelicots et les marguerites sont des robes de mariées et les gouttes de pluie une partition musicale.

Il a raison Akram, il suffit de changer son regard et le monde autour de nous se laisse faire avec bonheur et beauté.
Leila Souissi
Commissaire d’Exposition






